Corps et insularités, n’est-ce pas le corps multiple, ici questionné dans la capsule universelle des réalités respectives, propres à chacun de nous ?
Arrêtons-nous un instant.
Donnons-nous le droit de penser le corps comme détour, un chemin de traverse du corps normé.
Le corps comme Décorum a-t-il assez duré ?
Tous ces efforts concentrés sur la façade, côté rue, à proximité d’une bouche de métro, valent-ils la peine, au détriment d’une arrière-cour branlante ?
Un corps trahit, soutient, et dure.
Un geste expose
Un esprit s’emballe
Un visage masque
Et des mains en disent long.
Prêtons-nous, pour couronner ces six mois d’exposition à la MJC Monplaisir, au jeu des perceptions, des expériences, le temps d’une soirée sensible.
Jérôme Dupré la Tour
Coordinateur du cycle.
Je témoigne de mes expériences insulaires dans un dessin automatique. Je mélange mes impressions directes, à la recherche d’une sensualité ensevelie dans le souvenir : Une tension se crée. C’est ma capacité physique et mentale à relever, transcrire lignes et endroits reconnaissables, qui se confronte rapidement à une surcharge d’informations sensibles, et lorsque survient le basculement émotionnel, là tout mon savoir-faire se brouille, et permet de révéler autre chose, l’autre côté de l’île, de l’être, sa côte sous le vent.
Au fil de l’onde, plutôt que d’aller à contre-courant, ou partir à la
dérive, écumons le vague et précisons notre cap. Mathématiquement
nous pouvons considérer le corps (son enveloppe) comme une
surface : une île singulière plongée dans l’immense océan où baigne
l’ensemble des surfaces que l’on peut imaginer.
Faire de la géométrie sur des surfaces abstraites peut combler
le mathématicien. Pour ceux qui n’ont pas un attrait particulier
pour cette science, il convient de trouver une surface qui entre en
résonance avec notre sensibilité. Le corps est une île mystérieuse où
on peut, encore et malgré tout, (mathématiquement ?) se perdre
entre émotion et raison : induire, séduire, déduire.
A travers mes reconstructions et disparitions anatomiques, j’interroge
notre rapport au corps, à sa représentation et à son vécu. Je tends
à construire et à déconstruire l’ordre établi afin d’en proposer une
vision particulière : celle de la disparition, du morcellement, du
retournement, de l’exhibition ou encore de la suggestion... Ici c’est
de mémoires de corps dont il s’agit, mémoires héritées, mémoires
transmises, mémoires inconscientes, ou «inquiétantes étrangetés».
Les îles se découvrent et l'index caresse la carte dessinée pour s'orienter dans l'espace. Du réel, projette un parcours, reviens sur le chemin empreinté. Des cartes cadavre-exquis entre données réelles et impressions de voyages.
Le corps entre abysses et ordonnées.
"Sur quelle île accosteras-tu ?
Celle-ci ? Non, celle-là ? Et pourquoi pas celle là-bas, encore
plus loin ?"
Elise Bonnard
An-organiques, corps célestes, dermacolors ouvrent une recherche sur des corporalités improbables. Ces oeuvres sont généralement peintes sur carnets, puis scannées et imprimées sur des traceurs à encres pigmentaires. L'oeuvre finale est le tirage numérique. Il va juste falloir apprendre à partager une oeuvre, comme nous seront amenés à partager la planète.
Pour l'exposition le travail sur les corps célestes sera au centre de l'exposition, ainsi qu'une installation monumentale dans les portiques de la piscine découverte.
Nous avons passé un cap sans savoir comment il se nomme (ready to stop, up to go). Le récit est en cours de créolisation. J’y introduis donc des éclats de couleurs, des mixtes, des triolets, de la masse sous la couleur, des nœuds ouverts. Il est temps de soigner les détails, Il y a encore du stock, de cette masse, des fragments, quasi aléatoires, à écouler.
Série de textos en mineur, fragments de récits, d’affiches recouvertes, d’images submergées (pub, média, tableaux, divers) retournements, en accords dissonants...
Nouveaux récits, forces images, combustion et modulation ; l’abîme et forge des images, verbes d’action, performatifs, Gras ? Mers, montagnes, autoroutes, il y a rupture et non pas frontière. Une ambition légèrement démesurée. Tous terrains ?